Les nouveaux "EPP" Entretiens de Parcours Professionnels

La loi du 24 octobre 2025 a fait évoluer l’entretien professionnel, désormais appelé entretien de parcours professionnel (EPP). Son objectif ? Mieux accompagner les salariés dans leur évolution professionnelle, leurs besoins de formation et leurs projets de carrière.
Qu’est-ce que l’EPP ?
L’EPP est un échange obligatoire entre le salarié et son employeur. Contrairement à l’entretien annuel d’évaluation, il ne sert pas à juger les performances du salarié, mais à parler de son avenir professionnel.
Il permet d’aborder les compétences, les formations nécessaires, les perspectives d’évolution, la mobilité, la reconversion et le compte personnel de formation (CPF).
Quelles sont les obligations en octobre 2026 ?
Depuis la réforme, les employeurs doivent respecter plusieurs échéances :
À l’embauche : informer le salarié de son droit à un premier EPP, à réaliser au cours de sa première année dans l’entreprise.
Tous les 4 ans : organiser un entretien pour chaque salarié, quel que soit son contrat ou son temps de travail.
Au retour de certains congés ou absences : proposer un entretien si aucun EPP n’a eu lieu dans les 12 mois précédant la reprise.
Après la visite médicale de mi-carrière : organiser un entretien dans les 2 mois, notamment pour évoquer l’aménagement du poste et la prévention de l’usure professionnelle.
Avant les 60 ans : prévoir un entretien dans les 2 années précédant le 60e anniversaire, pour parler du maintien dans l’emploi et de la fin de carrière.
L’entretien se déroule pendant le temps de travail, avec un supérieur hiérarchique ou un représentant de la direction. Un compte rendu écrit doit être remis au salarié.
Tous les 8 ans, un état des lieux récapitulatif permet également de vérifier le parcours professionnel, les entretiens réalisés et les actions de formation ou de progression.
Attention : au 1er octobre 2026, les accords collectifs déjà en vigueur sur la périodicité des entretiens doivent être conformes aux nouvelles règles.
Quelles sanctions en cas de non-respect ?
Dans les entreprises de 50 salariés ou plus, si le salarié n’a pas bénéficié des entretiens requis sur les 8 dernières années et d’au moins une formation non obligatoire, l’employeur doit créditer son CPF de 3 000 €.
En cas de défaut de versement ou de versement insuffisant, l’employeur peut être mis en demeure de régulariser sa situation. À défaut, il peut devoir verser au Trésor public le double de l’insuffisance constatée.
Dans les entreprises de moins de 50 salariés, il n’existe pas cette sanction automatique de 3 000 €. Toutefois, le non-respect des obligations de formation et d’employabilité peut entraîner un contentieux et des dommages et intérêts.
En pratique : comment se préparer ?
Les entreprises ont tout intérêt à mettre à jour leur calendrier RH, vérifier les entretiens réalisés, former les managers et conserver les comptes rendus.
L’EPP n’est pas une simple formalité administrative : c’est un outil concret pour anticiper les compétences de demain et accompagner les salariés tout au long de leur carrière.
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